Dimanche 20 juillet 2008
Ken se trouvais maintenant au centre de l'île qu'il avait quittée il y a peu. Il tenait d'une main le revolver de l'être qui croyait auparavant avoir été son maître, et de l'autre l'épée délivrée par cette même personne. Ces objets lui rappelaient les meurtres qu'il avait commis. Et il allait pouvoir se faire de bien nouveaux souvenirs.
Ses habits étaient toujours emplis du sang pourri de ses victimes. Ils les avaient bien nettoyés et pourtant, ça ne partait pas. Cela était peut-être pour lui rappeler ce pourquoi il était revenu ici. Pour lui rappeler que quoi qu'il fasse maintenant, il aurait toujours du sang sur les mains.
C'était trop tard pour se laver de ses péchés. Il n'avait plus qu'à finir ce qu'il avait commencé.

Il était en réalité devant le magasin de Manakazuké. Il s'y était rendu pour trouver de nouvelles armes. Avec le minable équipement dont il était pourvu depuis le début de ses aventures, il n'avait pu aller bien loin. Il espérait trouver son bonheur parmi le fatras d'armements maintenant sans propriétaire.
Quand il rentrait, ayant pris la clef qu'il avait auparavant subtilisée dans les affaires personnelles de son « mentor », il ne vit qu'un pan du magasin grâce à la lumière du jour, et cela ne lui prouva qu'une seule chose.
Tout avait été emporté. Les étagères étaient vides, les présentoirs ne gardaient que la description dérisoire de ce qu'elles ne montreront plus jamais, les étals étaient déséspérements vides. Ken appuya sur l'interrupteur. Il n'eut qu'un léger grésillement, puis l'ampoule explosa. Les bris de verre tombèrent délicatement au sol, s'entendant très distinctement dans le silence qui régnait maintenant à l'intérieur de la boutique.
Ken pensait ouvrir les fenêtres pour faire un peu de lumière, mais ces dernières avaient étés condamnés avec des briques rouges et du ciment. Une grille était placée au dessus de tout pour que l'on ne puisse pas enlever ces dernières.
Grilles qui n'étaient plus guères a cet endroit quand un engin de chantier fit exploser le mur.

2/6 - Rotanimret


L'homme attendait patiemment en haut du Cliford's Building. Son fusil sniper SVD était parfaitement placé en biais, il ne pouvait bouger d'un pouce. Le vent était absent, et le soleil n'était ni trop présent, ni pas assez. Rien ne cachait la vue, le centre de la lunette de visée était en plein placée sur le crâne de Ken. Une fois de plus, il allait réussir sa mission. Une fois de plus, il allait tuer...Il avait fait ça toute sa vie. Elle n'était vouée qu'à éliminer des personnes qu'il ne connaissait pas, qu'il ne tuait pas par haine ni vengeance personnelle mais uniquement a but lucratif. L'argent. Tout était pour l'argent. Rien de plus, rien de moins. Ce boulot ne lui plaisait pas spécialement, mais il ne lui déplaisait pas non plus. Pour n'importe qui d'autre, c'aurait été un travail particulièrement abominable, mais pour lui, c'était un gagne pain comme un autre. Tout simplement. Mais contrairement aux autres, parfois, il faut savoir user de ruse. C'est ainsi qu'il avait réussi à avancer les travaux prévus dans ce magasin au jour qu'il souhaitait, uniquement pour avoir la façade en moins et devoir non pas le tuer au milieu de la rue mais bien dans le magasin d'armes de Manakazuké. D'une façon ou d'une autre, son employeur avait su que sa cible se rendrait dans cet endroit tôt ou tard. C'était tard, mais bon, mieux vaut tard que jamais.
Il arma son fusil, et s'apprêta à tirer. Mais avant de tirer, il se souvint...
Son enfance. Ce qui l'avait poussé à devenir tel qu'il est. Depuis toujours, il avait été petit, chétif, laid. Tout le monde se moquais de lui, etc...Enfin, le schéma habituel.
Un jour, il décida de ne plus se laisser marcher sur les pieds. Evidemment, beaucoup de personnes dans son cas avaient essayé, sans succès. Mais lui avait un avantage tactique : des sous. C'est ainsi qu'il pût se payer un fusil d'occasion sur un réseau d'armes clandestin. Son premier fusil, et celui qu'il avait toujours. Avec cette arme, il réussit a mener a bien ce que l'on appelle maintenant « le massacre de Virginia Tech 2 ». Même s'il fût clairement identifié, contrairement à celui-ci, il réussit à s'enfuir, et personne ne le retrouva.
C'est lorsqu'il fût sur de ne pouvoir retourner dans son pays d'origine qu'il devient un mercenaire vagabond, a même de remplir n'importe quelle mission d'élimination, a condition qu'on y mette le prix. Ainsi, il tua des dizaines de personnalité plus ou moins importantes, souvent des hommes d'affaires gênants pour ses employés. Savoir en quoi ils étaient gênants ne l'intéressait guère. La seule chose qui était importante pour lui c'est qu'on le considère enfin ! Il s'était découvert des qualités de tueurs, alors qu'on lui avait affirmé qu'il n'en avait aucune...Il se sentait enfin vivre, enfin utile, enfin humain ! Et ceci avec son seul véritable compagnon, son seul ami, celui qui ne l'avait jamais déçu, son fusil.
C'est avec ces pensées réconfortantes qu'il mis son doigt sur la détente. Il vérifiait encore une fois les conditions, et fût fin prêt a tirer.
En vérité, son seul, meilleur ami, se faisait un peu vieux.
C'est ce dont il se rendit compte quand la culasse fut propulsée à cause du recul et se trouva enfoncée dans son crâne. Son corps tomba en avant, en chute libre du haut du bâtiment.


3/6 L'Homme Au Masque De Pierre

L'homme attendait patiemment devant le mur gauche de la boutique de Manakazuké. Il avait vu le mur droit être détruit, et le corps de Rotanimret tomber de tout en haut du bâtiment sans réelle raison.

« Kenneth...Aurait-il des pouvoirs ? »

C'est ce qu'il se demanda tandis qu'il réajusta son masque. Son masque, sa seule arme. Avec lui, il avait pût éliminer des personnes extrémemment puissantes et protégées. Car en effet, s'il n'était pas sûr dans le cas de Ken, il en était sur dans le sien. Il avait un pouvoir, un pouvoir incroyable, un pouvoir...Le pouvoir de se faire passer pour une pierre. Son masque changeait l'image que les personnes avaient de lui, et ils ne le voyaient plus. Il ne voyait qu'un vulgaire caillou a sa place. Personne ne se verrait tuer par un caillou. Et puis, il était protégé. Qui irait se plaindre de l'attaque d'un caillou ? Il avait tous les pouvoirs des cailloux, il adorait les cailloux car leur extrême banalité lui permettait d'être plus astucieux que n'importe qui. Et c'est maintenant qu'il allait éliminer Ken, avec ce même pouvoir. Celui d'être banal !
Celui d'être insignifiant.

C'est ainsi qu'il pensait, tandis que le second tractopelle présent l'embarqua en même temps que plusieurs centaines de kilos de cailloux. Il se retrouva écrasé contre tous ses congénères, et n'eut pas le temps d'enlever son masque avant de mourir asphyxié.


Kenneth étais resté immobile tandis que les engins de chantier continuaient à détruire des murs. La lumière inondait maintenant la boutique et Ken dût se rendre a l'évidence : il n'y avait réellement plus rien. C'est lorsqu'il se retourna pour s'en aller qu'il vit un morceau de papier sur le comptoir.
« Encore une photo... »

Il la pris, la regarda d'un air dédaigneux et la déchira, puis alluma une cigarette. Tout en recrachant la fumée, il vit que des dizaines de tractopelles venaient dans sa direction. Il préféra s'en aller de cet endroit pour éviter les questions compromettantes. Ou plutôt, les question tout court. Dans l'état ou il se trouvait en cet instant, n'importe quelle parole déplacée aurait pu faire place à un bain de sang. Il préféra retourner voir son patron, et en finir une bonne fois pour toutes avec lui. Même s'il savait que ses armes ne seraient pas suffisantes à terrasser toute son armée, il gardait encore espoir. Espoir ou pas, il ne lui restais plus que ça a faire, de toute façon. Il rechargea son revolver, puis se dirigea d'un pas décidé vers la tour qui servait de refuge à sa future victime.


La garde n'avait pas été renforcée. Elle était même désuète face à la horde de soldats qu'il avait dû combattre la première fois. Mais il ne s'en plaignait pas, bien au contraire. Cela allait lui faciliter la tâche. Il ne serait peut-être même pas obligé de les combattre.
Il s'avança vers les hommes qui lui demandèrent qui il est. Ayant entendu son nom, ils le laissèrent royalement passer, d'un geste révérencieux. Ils lui demandèrent tout de même de jeter sa cigarette avant de rentrer, ce qu'il fit, s'en rallumant une tout de suite après. Ils ne dirent mot, un sourire de satisfaction aux lèvres, et fermèrent la porte dans un énorme bruit sourd. Juste avant que Ken ait eu le temps de se retourner, la serrure se ferma.
La pièce ou il s'étais déjà rendu quelques jours plus tôt était maintenant dans le noir le plus complet, le seul filet de lumière existant se situais au dessous de la porte qu'il venait d'emprunter. Tandis qu'il pris sa cigarette dans la main droite, se baissant, et tâtonnant la porte pour voir s'il pourrais la défoncer en cas de fuite, une balle fit mouche en plein milieu de sa paume. Il lâcha la cigarette au sol et tint sa main au niveau du poignet pour empêcher le sang de couler. Une balle percuta le parquet, à l'endroit même ou sa cigarette était tombée.
Il lâcha son poignet droit, se mis une seconde cigarette dans la bouche et l'alluma. Puis il parti en courant, la main en avant pour détecter les murs. Dès qu'il en trouva un, il jeta sa cigarette à cet endroit, et un nouveau coup de feu ricocha sur le sol. Le tireur devait attendre qu'il soit immobile, c'est certain.
Il en alluma alors une troisième, et la plaça dans le trou de sa main droite. Il la leva, serrant les doigts, et pris son revolver de la main gauche. Il ne bougea pas d'un millimètre, et attendis.
Comme il l'avait prévu, la balle explosa son index, et la faible lumière de la cigarette lui avait permis d'entrevoir l'inclinaison de la balle.
La cigarette tomba au sol, et comme a l'accoutumée, une seconde balle tapa sur le sol.
Ken ne bougeait pas, et attendis. Pendant plusieurs minutes, plusieurs dizaines de minutes peut-être, il restait immobile, ne sentant pas la douleur à sa main, malgré que son sang se vidait lentement sur le sol.
Puis la lumière s'alluma. L'homme l'avait peut-être allumée pour voir le corps, ou bien pour une tout autre raison. Peu importe, il n'eut pas le temps de soulever son fusil qu'il se retrouva automatiquement avec trois balles en pleine poitrine. Ken avait attendu, le bras en avant dans la direction qu'il avait calculé selon la direction de la balle, qu'il fasse un geste de ce genre pour tirer. Il ne s'était pas trompé.

Mort du quatrième.

Il monta l'escalier et récupéra le fusil M-14 modifié, puis se dirigea vers la porte qu'il avait empruntée pour combattre Eupeupeu Man.

 

 

 

 

 

Par cerveauphage - Publié dans : Les Aventures de S.Ken.
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